« Si un jour tu vois qu'une pierre te sourit, iras-tu le dire ? »                                   
 Guillevic                                                                                                                                                                            

 
    
 
  On peut considérer qu’il y a trois types de sculpteurs : le modeleur, le tailleur et l’assembleur. Le modeleur construit son monde autour de lui à partir d’un noyau d’argile. Le tailleur va chercher ce qu’il y a à l’intérieur, il doit «creuser la question».  L’assembleur réunit dans une nouvelle architecture, les morceaux au départ éparpillés. Ces démarches se complètent comme les phases d’une respiration:  l’inspire et l’expire, vers l’intérieur, vers l’extérieur. Le souffle vital.

Pour réaliser mes créations je mets en oeuvre ces trois mouvements, veillant avant tout à la simplicité des formes, à la précision des lignes. C’est une recherche, un travail pour tenter de se rapprocher un petit peu de cette réflexion de Constantin Brancusi : «Ce n’est pas l’oiseau que je sculpte, mais le vol.»


Mes personnages représentent des fomes symboliques qui témoignent de la necessité de rester debout comme une réponse aux tentations de soumission.






"Joël Lemercier, choisit d’engager le dialogue avec la matière. De l’argile, du bois, de  la pierre, de la matière il débusque  le souffle. Ce souffle, plein de désir de vie libère des formes qui touchent au-delà du sensible les zones cachées de nos forêts intérieures. Ces formes, parfois presque des ombres, des silhouettes, vont et viennent de la réalité au symbole. Elles mettent en mouvement nos imaginaires et nos regards se dessillent pour traduire la nécessité d’une marche qui va du confinement intérieur vers la lumière du jour. Joël Lemercier malaxe, triture la terre, travaille la pierre et puise sans fin dans l’imaginaire le désir de rencontrer ce qui nous environne et dont nous sommes issus. Rassembler la réalité, tenter de rendre visible ce qui sans cesse nous échappe… et des mains pour traduire les signes qui tentent de concilier dedans et dehors. Duo, personnages-ombres, femme assise, tous se lèvent et marchent vers la dignité de l’homme debout."      Jo PACINI